Augmenter le prix des e-books, catastrophe assurée

Publié par ACDL - le 16 juillet 2009Ebooks, Economie, Edition numérique
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Si les éditeurs réussissent à obliger le géant Amazon à augmenter les prix des e-books, l’industrie du livre va produire ou subir la même erreur que celle de la musique depuis Napster. En tout cas, c’est ce qu’affirme un journaliste du magazine Slate.

Il explique que les éditeurs vendent généralement les e-books à Amazon et ses concurrents au même prix  que les livres papiers pour les détaillants. Amazon et les autres insistent pour vendre la plupart des e-books à 9.99 $, ce qui plait aux éditeurs uniquement quand le prix de vente au détail du e-book est proche de celui de l’édition  papier. En revanche, les éditeurs  n’aiment pas la rigidité du prix du e-book quand le livre papier vaut 27.95 $ et qu’ Amazon le vend à perte pour 9.99 $.

Pourquoi ? Tout simplement car les éditeurs ont peur que les vendeurs d’e-book les empêchent de fixer eux-même leurs prix en encourageant les clients à penser que tous les livres devraient coûter 9.99 $ . Un autre paramètre rentre en compte, celui des marges, qui seront ainsi sévèrement réduites.

D’autres inquiétudes sont exprimées, d’où cette envie des éditeurs d’augmenter le prix des e-books. Il y a une peur de « cannibalisation » du livre papier, c’est à dire que l’e-book surpasse les ventes de livres papier, voire qu’il les fasse disparaître. C’est notamment pour cela que certains éditeurs attendent plus de six mois avant de sortir la version numérique d’un livre papier.

Toutes ces inquiétudes justifient cette demande de la part des éditeurs, mais ne sont pas forcement fondées sur des statistiques ou des tendances. Le journaliste souligne surtout que l’exigence d’augmentation du prix des e-books risque d’engendrer une similitude avec le sort de la musique. En effet, en ayant habitué les consommateurs à payer un produit à 9.99 dollars systématiquement, cette augmentation soudaine risquerait de les diriger vers des moyens non-payants et illégaux pour se procurer le livre. En somme, on produirait la même erreur que pour la musique, avec la naissance de la plateforme p2p Napster en 1999, et d’une multitude d’autres par la suite.

De plus, les seules raisons qui font que les e-books illégaux ne se soient pas propagés selon le journaliste, sont la piètre qualité des readers: la police, les couleurs, l’écran, la navigation, la difficulté de recherche des e-books sur les moteurs de recherches ainsi que la mauvaise qualité de ces e-books (fautes d’orthographe, etc…).

Jack Shafer met en garde le fait de ne pas vouloir mettre en place une offre attractive pour les consommateurs, et surtout de ne pas y réfléchir rapidement. Il y aura un moment ou le point de non retour sera établit, et on ne pourra pas faire machine arrière une fois l’engrenage lancé. Alors qu’attendons-nous?

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