Le livre face à la crise et au numérique

Dans une période où les livres ne sont pas forcement les achats dits « nécessaires » aux foyers, et où le numérique s’étend de plus en plus, les personnes travaillant pour le-dit objet se posent un certain nombre de questions.

En fonction des métiers exercés autour du livre, les enjeux ne sont pas les mêmes. Tandis que les éditeurs cherchent des solutions pour inclure le numérique au sein de leur travail et ainsi créer une nouvelle manière d’éditer et de vendre (site internet, ebooks), les bibliothécaires, eux, sont sûrement le secteur le plus à jour au niveau du numérique: base de données consultables sur place, documents en ligne mis à disposition pour les utilisateurs, postes d’ordinateurs présents dans toutes les bibliothèques (ou presque). Ils ont évolué quasiment en même temps qu’Internet. Reste à savoir si les utilisateurs vont continuer à aller en bibliothèque. Face à la crise, les lecteurs sont sûrement plus tentés d’aller emprunter des livres en bibliothèque plutôt que d’aller en acheter.

Le plus gros problème reste celui des librairies. Leur rôle premier est de vendre un objet physique, le livre, alors comment faire quand, pour certains, il est voué à disparaître? C’est la profession la plus pessimiste face à la recrudescence du numérique.

D’autres pensent que le livre cohabitera avec le ebook, mais cela ne les réjouit pas pour autant, car cela implique une sévère concurrence. Quel est le futur d’une librairie? Cela dépend de la façon dont on perçoit ce lieu. Devra-t-on faire en fonction de la demande des clients: plus de livres dits »commerciaux » et moins de livres dits « sérieux » (sciences humaines, philosophie, essais etc) pour résister? Si l’on regarde les meilleures ventes dans les librairies, ce sont les BD, les mangas, ou les best-sellers qui se vendent le mieux. Ou devra-t-on entièrement repenser le système de la librairie? Par exemple, mettre des postes à disposition pour télécharger des ebooks, avec l’aide d’un vendeur-conseiller?

Que deviendra le vendeur en librairie? Une personne qui rangera uniquement les livres dans l’optique d’une librairie « libre-service » ou un vendeur qui saura conseiller autant des livres que des ebooks et qui aura des connaissances informatiques pour renseigner les clients? La librairie devra-t-elle vendre autre chose que seulement-des-livres pour pouvoir continuer à en vendre?

Toutes ces questions sont omniprésentes à l’heure actuelle, et nécessaires pour réfléchir à des solutions durables. Qu’en pensez-vous? Comment voyez-vous l’avenir de tous ces secteurs?

2 thoughts on “Le livre face à la crise et au numérique

  1. Je te fais part de m’a réflexion, comme ça, à froid, sans m’être vraiment penché sérieusement sur la question. Il ressortirait de nombreuses conversations que j’ai pu entretenir avec divers passionnés de lecture, ainsi qu’avec divers autres lecteurs davantage lambda, que le livre perdra certainement un peu de vitesse et sera peut-être moins systématique en un premier temps. Je m’explique :
    Avant l’ère numérique, l’achat d’un livre se faisait essentiellement en deux temps :
    – 1 : On en prenait connaissance sur place (librairies, bibliothèques ou autres surfaces de vente), via la quatrième de couverture. Ou bien on en prenait connaissance par le biais d’un magazine littéraire (presse spécialisée, émission T.V. ou radio…)
    – 2 : On prenait la décision de l’acheter ou non suivant son ressenti, son envie.

    A présent, je pense que la donne va changer en ces termes :
    – 1 : On se renseigne sur le livre via le numérique (internet (sites et blogs littéraires, sites de ventes en ligne) ou bien on le charge en e-book, gratuit ou non, c’est suivant…
    – 2 : On décide ou non de son achat.

    Au final, pas de grand changement. La perte de vitesse résiderait surtout pour ce qui concerne les achats coup de cœur, impulsifs, qui faisaient que nous pouvions acheter un livre, avant que d’être sûr qu’il nous plaise vraiment.
    Mais toutes les personnes avec qui j’ai pu échanger sur le sujet sont unanimes ; l’objet livre en lui-même est indispensable. Nous pouvons bien en lire une partie plus ou moins grande, via le numérique, s’il nous plait, nous voulons l’avoir entre les mains, sentir physiquement ces pages, que nous désirions le conserver dans notre bibliothèque ou non. De plus, je n’ai encore rencontré personne qui aime lire de trop long texte sur un écran. Vient s’ajouter à cela, que nos jeunes lecteurs continuent à être sensibilisés à l’objet livre, grâce aux B.D. et aux mangas. Bien des tentatives sont faites pour les diffuser via supports numériques, mais là encore, mettant de côté les soucis techniques rencontrés, le processus semble se vouloir être à l’avenant du livre classique.
    En résumé, un effet de concurrence est indéniable et doit être pris sérieusement en compte afin de continuer à faire valoir l’objet livre, mais je pense qu’il n’y a pas péril en la demeure. Il a encore de très beaux jours devant lui.
    Bien sûr, ceci n’est que ma propre réflexion. Elle n’engage que moi.
    Amitiés.

  2. Un grand merci pour ton commentaire, je pense aussi que le livre a de beaux jours devant lui, mais en tant que lectrice. Malheureusement, les librairies ne progressent plus autant qu’avant depuis quelques années, d’où leur inquietude du numérique.

    Pour ce qui est de la manière d’acheter, elle restera sûrement la même, mais la manière de lire pourrait changer.

    En effet, lire sur un écran est assez désagréable, mais apparement les readers actuels ont des écrans assez impressionants en terme de confortabilité, ce qui rend la lecture dessus crédible.

    Mais tout cela reste un avis de lectrice, et je comprends l’inquiétude des gens qui travaillent pour le livre en tant qu’objet physique. D’où la nécessité pour eux de réfléchir à des solutions pour faire cohabiter les deux (si le numérique devait se développer de plus en plus).

    Pour ma part, j’aime avoir l’objet livre dans ma bibliothèque et je ne m’en lasserais jamais, mais je suis quand même fascinée par cette nouvelle technologie et je suis son développement avec grand intérêt!

    Encore une fois, ce n’est que mon avis aussi :)

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