Rentrée littéraire: Loin des bras, Metin Arditi

ACDL fait sa rentrée et souhaite mettre en avant chaque semaine un ou plusieurs ouvrages qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire.

Cet article parait sur le site Fluctuat.net

Aujourd’hui ACDL vous présente Loin des bras de Metin Arditi, qui sera publié aux éditions Actes Sud.

« Notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’à fuir cette solitude » Guy de Maupassant.

C’est ce que les personnages de Loin des bras s’emploient à faire chaque journée qui passe, et recommence. L’institut Alderson est un pensionnat pour la jeunesse dorée masculine, où Mme Alderson se consacre à son bon fonctionnement.

Pourtant, en 1959, l’institut est menacé du à des difficultés économiques et pourrait être racheté par un groupe américain. Qui sera licencié, qui restera ? Solcà, chargé de l’audit de l’institut posera trois questions à chaque professeur pour le déterminer : Comment sont-ils arrivés à l’Institut ? Qu’est-ce qu’ils feraient différemment si ils étaient retenus ? Et enfin comment envisageraient-ils leur avenir dans le cas contraire ?

Trois questions à priori anodines, mais qui sont en fait de véritables bombes à retardement pour Berthier, McAlistair, Brunet, Irène, Nadelmann, et les sœurs Alderson. Chacun a son passé ou son présent, plus ou moins tumultueux, épineux, ou encore sordide. Metin Arditi orchestre ainsi un récit écrit en nombreux mais courts chapitres, chacun se positionnant du point de vue d’un des personnages. La solitude règne et tous se rattache à ce petit microcosme qu’est l’Institut Alderson.

La perte d’un enfant, l’homosexualité, les dettes de jeux, le deuil, le fascisme, l’inceste, l’envie d’être reconnu : chaque personnage porte un fardeau qu’il traîne et qui le rappelle toujours à son passé.

Pourtant, Metin Arditi nous réserve un petit espoir : la photographie, la danse, ou encore le théâtre sont un échappatoire à cette solitude angoissante, et comble le temps d’un arrêt sur image, d’une valse, ou d’un vers, ce sentiment d’être loin des bras.

Malgré 426 pages, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer, l’écriture est fluide et l’auteur grâce à des scènes intimistes dresse un portrait précis de tous les personnages. Cela change de la plupart des livres, qui mettent en scène des personnages lisses, quasi parfaits et sans vices.

On s’attache à ces âmes en peine, dont le sort est parfois mérité et dont le quotidien est bouleversé du jour au lendemain.

Loin des bras, Metin Arditi. Actes Sud, 426 pages;21.90 euros.ISBN:978-2-7427-8535-3. Sortie le 19 août.

3 thoughts on “Rentrée littéraire: Loin des bras, Metin Arditi

  1. côté rentrée littéraire, je suis allé vers une écriaine australienne, aborigène, Alexis Wright, publiée chez Actes Sud. J’en suis à la page 50 et c’est un vrai bonheur ce livre

  2. Merci Denis, j’irais voir ce livre dont tu parles, pour ma part je lis en ce moment un livre très bien écrit : La vaine attente de Nadeem Aslam, sur l’Afghanistan et sa situation actuelle. J’en ferais un article quand je l’aurais terminé.

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