Publié par ACDL - le 12 juillet 2009Old
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Toutes les familles ont leurs histoires, leurs secrets, leur drame. Cette complexité intergénérationnelle est dure à cerner, à retranscrire. Pourtant, Patrick Gale s’y emploie merveilleusement bien dans Tableaux d’une Exposition.
Rachel Kelly, artiste peintre reconnue meurt un après-midi dans son atelier. Événement commun comme il en arrive dans toutes les familles, toutes les secondes de chaque jour. Mais cette femme, qui reste un mystère entier pour son mari et ses propres enfants, qu’a-t-elle laissé derrière elle ?
Un passé. Plutôt deux passés. Un passé avant la rencontre de son mari Anthony et un passé d’artiste, de mère de famille et surtout de maniaco dépressive. Un premier passé qui a une grande influence sur le deuxième, mais qui n’est connu que de Rachel Kelly elle-même. La vie de famille est rythmée par la maladie de Rachel, ses hauts et ses bas, aussi extrêmes les uns que les autres, les dépressions post-natales et les tentatives de suicide, ainsi que les peurs suscitées chez chacun des enfants : Garfield, Morwenna, Hedley et Petroc.
Patrick Gale établit au gré de flashbacks et d’une omniscience totale, la psychologie de chacun de ces personnages marqués différemment par la personnalité de leur mère. Les histoires s’enchevêtrent dans le temps, dans l’espace, les personnages se croisent, se recroisent, évoluent, redeviennent enfants. Le mystère est intacte, omniprésent, mais chaque paragraphe compte pour le lecteur qui apprend à comprendre comment un évènement peut avoir un tel impact sur une vie entière.
Chaque enfant est devenu adulte à sa manière, et porte une cicatrice ou une plaie encore ouverte, qui constitue une partie de leur personnalité. Leur mère est une figure centrale qui à la fois, les terrorise, les hante, les attriste. Mais cela n’empêche pas la famille d’avoir vécu dans un cocon ; Rachel Kelly était peu conventionnelle, effrayante mais aimait à sa façon son mari et ses enfants, quand sa maladie le lui permettait.

Le mari Anthony est une figure que l’on admire, tant par la générosité dont il a fait preuve en prenant soin de cette femme (qui en retour ne pouvait donner autant),et pour l’amour qu’il lui a témoigné tout au long de sa vie.
L’art est aussi le thème récurrent de l’œuvre, et fait partie intégrante du personnage de Rachel ; sa créativité serait-elle liée à sa maladie ? Patrick Gale décrit ses peintures comme une poésie visionnaire : des couleurs chatoyantes, une imagination sans limites. L’art semble être une échappatoire, gage de liberté d’expression d’un esprit pas comme les autres.
Ce livre retrace les différentes périodes de vie d’une famille, qui à la fin se regroupent pour former une réponse, une clé du mystère de Rachel Kelly. Une des sources d’inspiration du personnage, est le peintre écossais Graeme Craig-Smith, qui était maniacodépressif et en mourut. Le titre est bien choisi, Patrick Gale nous peint des tableaux, des portraits qui une fois regroupés forment un ensemble uni définissant non pas l’art de Rachel Kelly, mais le personnage.
le 15 juillet, 2009 à 20 h 38 min
Je suis bien contente de t’avoir donné l’envie de le lire. C’est une histoire prenante dès le début, et Patrick Gale écrit vraiment très bien. Quant à moi je vais acheter Chronique d’un été, car j’ai entendu de bonnes critiques!
le 15 juillet, 2009 à 13 h 36 min
J’avais adoré du même auteur « Chronique d’un été » et quand j’ai trouvé ce roman dans une bouquinerie, je me suis jeté dessus.
Merci à toi de me rappeler qu’il me faut définitivement le sortir au plus vite de ma PAL.