Internet: outil (marketing) puissant pour le livre

Internet étant un outil collaboratif, il permet aux entreprises, associations ou particuliers, de communiquer facilement avec les internautes tout en étant un outil marketing puissant. Plateformes interactives, forums, blogs, portails culturels, sites, réseaux sociaux, ce large panel de possibilités permet au monde du livre de se développer sous divers aspects.

Que ce soit éditeurs, auteurs, ou encore simples lecteurs, tout le monde trouve son compte. Les éditeurs se mettent peu à peu au goût du jour, et de la petite maison d’édition indépendante au grand groupe éditorial, la plupart des éditeurs ont un site internet. Être proche des lecteurs est devenu essentiel. Ainsi les éditeurs rendent leurs sites interactifs, où les internautes peuvent trouver des dossiers sur des auteurs, les nouveautés, l’actualité de la maison etc. Face, au problème de la gratuité d’Internet, où le contenu peut être partager avec toute la toile, les éditeurs se sont eux aussi retrouvés face à ce problème notamment avec les ebooks.

internet

Certains ont tentés des expériences, plutôt satisfaisantes: l’éditeur Harper Collins propose un service actuellement: Browse Inside , qui permet aux internautes de lire le début des livres de la maison. Une sorte de feuilletage virtuel. Le but est de toucher un public plus large (qui ne va pas dans les librairies) et d’augmenter les ventes.

Outre les éditeurs, d’autres ont tenté des expériences plus risquées. Paulo Coelho par exemple, qui depuis l’année 2000, pirate lui même ses livres, en intégralité. Évidemment il n’y a pas d’annonces à proprement parler, cela se fait entièrement par bouche à oreille. En ce moment sur son blog on retrouve son dernier roman (merci à Paula pour la rectification!) on trouve un roman en intégralité écrit en 2008 qui ne sera pas publié avant deux ans en format papier The way of the bow disponible en anglais, espagnol, portugais et italien. En 2000, il avait mis Like a flowing river sur son blog, et 6 ans plus tard lors de la sortie matérielle du livre, 180 000 exemplaires se sont écoulés en Angleterre.

Utiliser Internet comme complément est bénéfique, il faut suivre ses évolutions, les comprendre et en faire un avantage et non un outil qui perturbe et déstabilise le monde du livre.

Autre exemple, les éditeurs se servent d’Internet pour trouver de nouveaux auteurs: Harper Collins (encore et toujours) avait lancé un concours sur le site Authonomy.com (réseau social permettant aux auteurs de mettre en ligne leurs œuvres et de les soumettre aux votes des lecteurs) et va ainsi publier 3 auteurs de ce site: Miranda Dickinson, Steven Dunne et Lynne Barrett-Lee.

Puis vient l’utilité des blogs! Les blogs ont une réelle influence sur la reception d’un livre (en négatif ou en positif). La toile devient un bouche à oreille virtuel où les blogueurs se passent le mot, et l’on retrouve des critiques de livres sur de nombreux blogs (dont ACDL :) ). On pourra donner l’exemple de 2 livres qui n’étaient pas destinés à de grosses ventes par leurs éditeurs et qui grâce aux médias (dont les blogs) sont devenus connus : Les déferlantes de Claudie Gallay et L’élégance du Hérisson de Muriel Barbery.

Cet effet buzz est propre à Internet, et on remarquera qu’il y a eu d’autres situations où Internet a joué un rôle important dans la façon de communiquer une information. ACDL pense notamment à deux événements: le buzz autour du livre Ennemis publics de BHL et Houellebecq où Flammarion lançait une énigme: qui seront les auteurs de ce livre? Tous les blogs s’étaient emparés de l’affaire pour essayer de trouver les mystérieux auteurs. Puis ce fameux écrivain de thriller Joseph Lubsky (ex-taulard), auteur de La cellule de Zarkane et qui n’est autre que Patrick Sébastien. L’idée était de produire dans l’anonymat pour séduire les critiques.

Ces deux exemple montrent deux choses: Internet est un outil puissant et peut vous propulser sur la scène du jour au lendemain, mais il a aussi un effet de soufflet, notamment avec Ennemis Publics dont les ventes n’ont absolument pas décollées.

Puis il y a aussi des personnes qui utilisent Internet pour échanger et diffuser leur talent. Par exemple de nombreux auteurs publient sur Internet à travers leurs blogs. Par exemple Patrick Fort (qui a trouvé un éditeur) publient ses nouvelles sur son blog Lire, écrire et en parler, ainsi que Thomas Frédéric qui met en ligne ses poésies sur son blog art et littérature et Thierry Benquey qui écrit des poésies, nouvelles (courtes et longues), et contes sur Esprit de mots.

Outil marketing pour les éditeurs, outil de communication pour les auteurs en quête d’être publiés, Internet est devenu en quelques années une nécessité pour le livre. C’est aussi un moyen de pouvoir échanger, partager, débattre, et discuter avec d’autres internautes. La littérature a besoin d’Internet pour avancer, pour toucher plus de monde et aussi pour se maintenir, face au nombre considérable de gens qui lisent de moins en moins, voire plus.

Et vous qu’en pensez vous?

7 thoughts on “Internet: outil (marketing) puissant pour le livre

  1. « The Winner Stands Alone » est en effet son nouveau prochain roman qui sortira en avril 2009, mais il n’y a qu’un seul chapitre disponible sur le blog.
    L’exemple que j’ai donné est un livre disponible en entier qu’il a écrit en 2008 et qui ne sera pas publié avant 2 ans sous la forme papier.

    Merci pour le lien!
    ACDL

  2. Très intéressant article, en effet.

    J’aimerais aussi ajouter l’influence des témoignages publiés sur les librairies en ligne. Même si certains avis peuvent être sujets à caution, je pense que ces témoignages ont une grande influence sur les décisions d’achat.

    En langue anglaise tout du moins, on trouve également des sites web proposant des résumés de livres par abonnement. Cela m’a déjà permis de me faire une idée précise de l’intérêt réel d’un livre et de faciliter ma décision d’achat.

    Bonne continuation, Valérie :)
    PS: maintenant, c’est copyright 2008-2009 qu’il faut indiquer en bas de page !

  3. Merci pour vos commentaires :) oui tu as raison Laurent, les témoignages sur les librairies en lignes sont importants aussi et peuvent déterminer un achat de la part des internautes. Ainsi que les sites comme CritiquesLibres.com ou les internautes donnent leurs avis sur de nombreux livres.

    oups j’avais oublié pour le copyright, merci!

  4. Bonjour
    Tout d’abord, je vous remercie pour le lien.
    Je partage votre analyse sur la puissance de l’outil internet. Je regrette seulement qu’une part infime de cette puissance soit utilisable. C’est lié à l’atomisation de la présence de la littérature sur le net, chacun s’efforcant de la promouvoir sur son site. Certes et cet article en est un exemple, les sites se lient entre eux, mais l’impact reste limité. Pourtant les outils spécialisés existent, logiciel de digg-like en open source, les wikis et je trépigne d’impatience en attendant un « Digg * » consacré exclusivement à la littérature qui possède assez de diversité et de branches pour emplir un site de ce genre. La littérature peut prendre une place de choix sur internet, ce médium qui lui aussi est basé sur l’écriture. Il ne manque que les énergies centralisatrices, (synergies ?) et je me démène pour qu’une association soit créée qui pourrait prendre en main cette promotion de la littérature sur l’internet avec les outils adaptés.
    Bon dimanche
    Thierry

    * Digg – un site comparable à Wikio qui est peut-etre plus connu en France. Les blogueurs y soumettent leurs articles et les visiteurs votent pour ceux-ci, les plus votés se trouvant sur la page d’accueil. Le problème de la littérature et des digg-likes à l’heure actuelle est que le « geek » et le « people » occupent les pages d’accueil, d’où mon appel à la création d’un digg spécialisé dans la littérature.

    ps : Ne vous inquiétez pas de l’absence de certains accents ou autres caractères spécifiquement francais, mon clavier est allemand…

  5. Bonjour Thierry,

    Je suis d’accord avec vous, et moi même utilisant des Digg comme Scoopéo, blogasty, ou Wikio, j’ai du mal à situer mes articles. Sur Blogasty il n’y a même pas de branche pour la littérature…
    De plus les blogs de littérature existants ne sont pas facile d’accès en général sur le web.
    Je pense qu’il y a un vrai besoin de promotion de la littérature sur le net, mais le problème vient aussi du type d’utilisateurs d’Internet: les lecteurs se mettent peu à peu au web et commencent tout juste à prendre conscience de son importance dans la littérature (à part les personnes qui ont un intérêt pour le web et qui découvrent les nombreuses possibilités, comme moi depuis un certain temps).
    Pour ma part, je crois qu’Internet est un bon moyen d’intéresser les gens à la lecture, et c’est ce que j’essaie de faire dans mes articles quotidiennement, mais il est evident que cela n’a pratiquement aucun impact, car mon blog n’est qu’une petite structure.
    Votre idée d’association est très intéressante, et si vous avez besoin d’aide, d’idées etc. je serai ravie de vous la procurer.

    Bon Dimanche à vous,
    Valérie
    ACDL

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